Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /

RAPPORT DE RECHERCHE DE L'ARMEE DE L'AIR AU SUJET DE L'INCIDENT DE ROSWELL

Département de l'Armée de l'Air des Etats-Unis d'Amérique
Juillet 1994

RESUME EXECUTIF

L'Incident de Roswell fait référence à un événement qui est censé s'être produit en Juillet 1947, alors que les Forces Aériennes de l'Armée (AAF) récupéraient, apparemment, les restes d'un "disque volant" écrasé près de Roswell, Nouveau Mexique. En Février 1994, le General Accounting Office (GAO), agissant sur la demande d'un Député du Nouveau Mexique, initiait une vérification pour tenter de retrouver les dossiers d'un tel incident et pour déterminer si ces dossiers étaient correctement maniés. Bien que l'effort du GAO ciblait un certain nombre d'agences gouvernementales, le point de mire était l'Armée de l'Air. Le SAF/AAZ, comme point central de contact pour le GAO dans cette affaire, initia donc une recherche systématique des bureaux actuels de l'Armée de l'Air ainsi que des nombreuses archives et centres de registres qui pourraient aider à expliquer cette affaire. La recherche a révélé que l'Incident de Roswell n'était pas considéré comme un événement ufologique avant 1978. Avant ça, l'incident était classifié parce que l'AAF avait identifié l'origine des décombres récupérés comme étant un ballon météo. Après ça, divers auteurs ont écrit des livres affirmant que, non seulement les débris d'un engin extraterrestre avait été récupérés, mais aussi les corps des occupants. Ces affirmations continuent à évoluer aujourd'hui et l'Armée de l'Air est maintenant régulièrement accusée de garder le secret sur cet événement.

La recherche n'a pas permis de trouver de documents dans les bureaux de l'Armée de l'Air qui auraient indiqué une dissimulation par l'USAF ou toute indication d'une telle récupération. Conséquemment, les efforts étaient intensifiés par des chercheurs de l'Armée de l'Air aux nombreux emplacements où des dossiers, pour la période en question, étaient emmagasinés. Les dossiers revus ne révélèrent aucun accroissement d'opérations, de sécurité, ou tout autre activité en juillet 1947, qui indiquerait qu'un événement aussi inhabituel soit survenu. Les dossiers du projet Mogul (surveillance des essais nucléaires Russes), top secret à l'époque, furent retrouvés et minutieusement inspectés. De plus, plusieurs personnes ayant travaillé sur le projet furent retrouvées et interviewées, comme l'unique personne chargée de récupérer les débris du site de Roswell en 1947, et l'officier qui identifia ceux-ci à ceux d'un ballon. La vérification des informations recueillies indique que les matériaux récupérés près de Roswell était conséquente avec un ballon et très vraisemblable d'un des ballons Mogul qui n'avaient pas été récupérés auparavant. Les recherches de l'Armée de l'Air ne révèlent aucun document sur la récupération de corps "extraterrestres" ou de matières extraterrestres.

INTRODUCTION

L'implication de l'Armée de l'Air dans le dossier OVNI communément connu comme l'Incident de Roswell commença comme une réponse à un article du Washington Post du 14 janvier 1994 annonçant que le Député Steven Schiff allait demander au GAO de résoudre ce mystère. Ayant été impliqué, à plusieurs reprises, à des demandes du Congrès et en vertu de la loi d'accès à l'information (FOIA) à propos "d'avions inhabituels," incluant les Objets Volants Non Identifiés (OVNIS), Le Directeur de la Sécurité et Supervision Spéciale, Bureau du Secrétaire de l'Armée de l'Air, (SAF/AAZ) croyait que l'Armée de l'Air serait impliqué dans tout effort du GAO à ce sujet.

C'est ainsi qu'à la fin Janvier 1994, le SAF/AAZ ordonna à son équipe de recherche / déclassification, SAF/AAZD, d'essayer de retrouver tous les documents officiels connectés cette affaire. Ces efforts initiaux de recherche portèrent sur l'Agence de Recherche Historique de l'Armée de l'Air (AFHRA), à Maxwell AFB, AL, l'Agence de Sécurité de l'Armée de l'Air (AFSA) à Kirtland AFB, NM, et l'Administration des Dossiers et Archives National (NARA).

Le 15 Février 1994, le GAO avisait officiellement le Secrétaire à la Défense, William J. Perry, qu'une vérification des politiques et procédures du Département de la Défense (DoD) pour la création, la classification, la manutention et les méthodes de mise au rebut des documents officiels traitant de l'écrasement de ballon météo, avion, et autres incidents similaires (Annexe 2). Cet avis fut ensuite transmit à l'Inspecteur Général du Département de la Défense qui en a informé le Secrétariat des Services et ainsi que les autres services concernés dans un mémo daté du 23 Février 1994 (Annexe 3). Ce mémorandum indiquait que "le GAO désir répondre à la requête du Député Schiff et dissiper tout doute sur la nonchalance du Département de la Défense ". Ce sont les premiers documents officiels qui indiquent que le but du GAO était de revoir "les accidents impliquant des ballons météo et des avions inconnus, tel qu'OVNI et avion étranger, et (2) les faits entourant l'écrasement d'un OVNI en 1949 [sic, 1947] à Roswell, Nouveau Mexique... et une dissimulation par le DoD."

Une rencontre préliminaire impliquant toutes les parties potentiellement concernées s'est tenue dans les bureaux de l'Inspecteur Général du DoD le 28 février 1994. C'est lors de cette rencontre qu'on nous a informé que la vérification passerait en revu les dossiers du DOD (et éventuellement d'autres entités exécutives), mais surtout l'administration des informations au sein de l'Armée de l'Air. La vérification portait le code GAO 701034, et s'intitulait "Procédures de Gestion des Dossiers Traitant de l'Ecrasement de Ballon Météo, d'Avion Inconnu, et Autres Incidents Similaires." Bien que ce titre officiel paraissait plutôt vague, il n'y avait aucun doute que le but réel était d'essayer de localiser des dossiers et/ou des informations sur l'Incident de Roswell. Cet incident, on y reviendra plus en détail, parle généralement qu'en juillet 1947, l'Air Force de l'Armée des USA (USAAF) récupérait une soucoupe volante et/ou ses occupants extraterrestres qui se seraient écrasé près de Roswell, Nouveau Mexique. Quand l'USAAF devint l'USAF, en septembre 1947, celle-ci hérita de l'équipement, du personnel, des dossiers, des politiques, et des procédures du USAAF. Dans le cas qui nous occupe, l'Armée de l'Air hérita aussi des accusations de cover-up sur l'Incident de Roswell et de l'avoir maintenu pendant les 47 années suivantes.

Au sein de l'Armée de l'Air, le Bureau de l'Assistant Administratif au Secrétaire de l'Armée de l'Air (SAF/AA) est responsable des procédures de gestion de l'information (SAF/AAI) et de la supervision et des politiques de sécurité (SAF/AAZ). Étant donné cette organisation, le SAF/AAZ était, logiquement, l'entité qui devrait assister le GAO dans sa vérification. Le SAF/AAZ fut donc officiellement choisi comme point central de contact pour ce projet (Annexe 4). Par la suite, l'Assistant Administratif, M. Robert J. McCormick, émettait un mémorandum de travail daté du 1er Mars 1994 (Annexe 5), à un nombre de Bureau du Personnel et de Secrétariat qui pourraient, éventuellement, avoir des dossiers reliés à un tel incident, en supposant qu'un tel incident ait eut lieu. Ces recherches étaient limitées aux systèmes et dossiers de l'Armée de l'Air puisque:

  • (a) l'Armée de l'Air n'a aucune autorité à obliger les autres agences à revoir leurs dossiers;
  • (b) l'Armée de l'Air n'aurait aucun moyen de contrôler la qualité de leurs efforts s'ils le faisaient; et
  • (c) l'effort général incombait au GAO - non à l'Armée de l'Air.

Les échanges avec le GAO ont permit d'apprendre que cette vérification avait effectivement été initiée à la demande spécifique du Député Steven Schiff du Nouveau Mexique. Plus tôt, le Député Schiff avait écrit au Bureau Législatif du Département de la Défense pour obtenir de l'information sur l'Incident de Roswell et avait été informé que ce dossier faisait partie du Projet Bluebook qui était maintenant entre les mains du NARA. Le Député Schiff a apprit de NARA que, bien qu'ils ont effectivement des dossiers de Bluebook, l'Incident de Roswell n'en faisait pas partie. Croyant s'être fait "envoyé promener," le Député Schiff demanda qu'une vérification soit faite.

C'est dans ce contexte que nos recherches furent conduites pour soutenir les efforts du GAO. Ce rapport représente la réponse finale et officielle de l'Armée de l'Air en ce qui concerne cette affaire.

  L'INCIDENT DE ROSWELL - CE QUI FUT RAPPORTÉ À L'ORIGINE, EN 1947

La préoccupation moderne de ce qui s'appelle Objets Volants Non-Identifiés (OVNI) a réellement commencé en juin 1947. Bien que quelques chercheurs pro-OVNIS prétendent que les observations d'OVNI remontent à l'époque de la Bible, la majorité sont d'accord sur le fait que rien, dans l'histoire, à propos des OVNIS, n'arrive à la cheville du phénomène qui a débuté en 1947. "La vague de 1947," telle qu'elle fut baptisée, a commencé avec 16 observations entre le 17 mai et le 12 juillet 1947, (certains chercheurs prétendent qu'il y aurait eut jusqu'à 800 observations pendant cette période). Fait intéressant, l'Incident de Roswell ne fut inclut dans cette "vague" que vers les années 1978 - 80. Cependant, nous sommes tous d'accord que quelque chose s'est passé près de Roswell en juillet 1947, le fait ayant été rapporté dans un nombre d'articles de journaux à l'époque; les plus célèbres étant le ROSWELL DAILY RECORD du 8 et du 9 juillet. L'édition du 8 juillet rapportait que l"RAAF a capturé un disque volant sur un ranch dans la région de Roswell," tandis que l'édition du lendemain, "Ramey vide la soucoupe de Roswell" et "Harcelé, le rancher qui a trouvé la soucoupe est désolé d'en avoir parlé."

La première histoire rapportait que l'Officier des Renseignements du 509ème Groupe de bombardement, posté à la base de l'Army Air Force de Roswell, le Major Jesse A. Marcel, avait récupéré un "disque volant" des terres d'un rancher non identifié de la région de Roswell et que le disque avait été "aéroporté à l'État-major." Ce même article rapportait aussi qu'un couple de Roswell disait avoir vu un grand objet non identifié survoler leur maison le 2 juillet 1947.

L'édition du 9 juillet notait que le Brigadier Général Roger Ramey, Commandant de la Huitième Force Aérienne à Fort Worth, Texas, affirmait qu'après l'examen des débris récupérés par Marcel qu'il s'agissait d'un ballon météo. Les débris étaient décrit comme un "... ballot de papier d'aluminium, de poutres de bois cassées, et des restes caoutchouteux d'un ballon..." L'autre histoire identifiait W.W. Brazel, du Comté de Lincoln, Nouveau Mexique, comme étant le rancher en question. Il prétendait que lui et son fils, Vernon, avaient trouvé les débris le 14 juin 1947, lorsqu'ils découvrirent "une grande superficie de débris lumineux faits de bandes caoutchouteuses, de papier d'aluminium, d'un papier plutôt résistant, et de bâtons." Il recueillit certain débris le 4 juillet et "... le jour suivant, il entendit pour la première fois parler des disques volants et de se demanda si ce qu'il avait trouvé ne serait pas les restes de l'un d'eux." Brazel se rendit à Roswell le 7 juillet et en informa le Shérif, qui aurait averti le Major Marcel. Le Major Marcel et "un homme en civil" accompagnèrent Brazel jusque chez lui pour récupérer le reste des débris. L'article relatait que Brazel disait que la matière:

"... pourrait avoir été aussi grand qu'un dessus de table. Le ballon qui le soutenait, si c'est ce dont on parle, devait faire près de 12 pieds (3,7 mètres) de longs, selon son estimé, en se fiant à la taille de la pièce dans laquelle il était. Le caoutchouc était de couleur gris fumé et éparpillé sur une superficie de près de 200 verges (185 mètres) de diamètre. Quand les décombres furent rassemblés, le papier d'aluminium, le papier, le ruban, et les bâtons faisaient un ballot de près de trois pieds (1 mètre) de long et 7 à 8 pouces (17 à 20 cm) d'épais, tandis que le caoutchouc faisait un ballot d'environ 18 à 20 pouces (45 à 50 cm) de longs et près de 8 pouces (20 cm) d'épais. Il estimait que le tout devait peser environ cinq livres (1,1 kg). Il n'y avait aucun métal sur le site qui aurait pu être des parties d'un moteur et aucun débris d'hélice d'aucune sorte. Par contre au moins un morceau de papier avait été collé à du papier d'aluminium. Il n'y avait pas de mots, sur aucun morceau bien qu'il y avait des lettres sur certaines parties. Une grande quantité de ruban collant ainsi que du ruban avec un imprimé de fleurs avait été employé dans la construction. Aucune ficelle ou fil ne fut trouvé mais il y avait des oeillets dans le papier, ce qui indiquait qu'un certain genre d'attache avait été employé. Brazel disait qu'il avait trouvé deux ballons météo par le passé, mais que ce qu'il avait trouvé cette fois-ci ne ressemblait d'aucune façon à l'un ou l'autre de ceux-ci."

EVOLUTION DE L'EVENEMENT DE 1947 A AUJOURD'HUI

La conférence de presse du Général Ramey et le témoignage du rancher Brazel mirent fin aux allégations reliant cette affaire à un OVNI, du moins jusqu'en 1978. Certains ufologues affirment qu'il y avait plusieurs références à celui-ci dans la littérature des années 50. Roswell n'est même pas mentionné dans l'enquête officielle du Projet Bluebook de l'USAF sur les OVNI ou ses prédécesseurs, le Projet Sign et le Projet Grudge, couvrant, ensemble, 1948 à 1969 (ce que le Député Schiff a apprit quand il a commencé à poser des questions à ce sujet).

En 1978, un article dans un journal à potins, NATIONAL INQUIRER, rapportait qu'un ancien officier des renseignements, Marcel, affirmait avoir récupéré les débris d'un OVNI près de Roswell en 1947. C'est aussi en 1978, qu'un ufologue, Stanton Friedman, a rencontré Marcel et a commencé à enquêter les allégations que ce que Marcel avait ramassé était les restes d'un OVNI écrasé. Parallèlement, deux auteurs, William L. Moore et Charles Berlitz, s'engageaient dans une enquête qui les a conduits à publier un livre en 1980, L'INCIDENT DE ROSWELL . Dans ce livre ils rapportaient avoir interviewé un certain nombre de personnes qui prétendaient avoir été présent à Roswell en 1947 et être des témoins de premières ou deuxièmes mains des étranges événements qui y seraient survenus. Depuis 1978 - 1980, d'autres ufologues, notamment Donald Schmitt et Kevin Randle, disent avoir retrouvé et interviewé d'autres personnes au courant des incidents inhabituels de Roswell. Ceux-ci incluaient des civils et des anciens militaires.

En outre, l'émission télévisée "Unsolved Mysteries" animé par Robert Stack, consacrait une grande portion d'une émission à une "reconstitution" des événements supposés de Roswell. De nombreuses autres émissions de télévision ont fait de même, particulièrement ces dernières années et une faite, en plus d'un télé-film pour cet été. La trame générale de ces articles, livres et émissions est que l'Incident de Roswell était réellement l'accident d'un engin d'un autre monde, que le Gouvernement Américain l'aurait récupéré, et aurait caché aux Américains depuis 1947, en utilisant une combinaison de désinformation, ridicule, et menaces, pour y parvenir. Généralement, c'est l'USAF qui porte le poids de ces accusations.

A partir d'une description plutôt bénigne de l'événement et la récupération d'une certaine quantité de matière, tel que le décrivaient les journaux, l'Incident de Roswell s'est depuis élevé à un échelon mythique (voir même mystique) dans les yeux de certains chercheurs, des médias et au moins une partie du public américain. Maintenant, il y a plusieurs versions à cette histoire. Par exemple, à l'origine on n'avait rapporté qu'il n'y avait qu'un seul site de débris. D'un petit lot de débris d'un seul endroit, l'histoire s'est embellie pour devenir plusieurs avions chargés de débris provenant de plusieurs grands champs de débris. De la même façon, la description relativement simple de bâtons, papier, ruban et aluminium s'est améliorée avec des métaux exotiques avec des hiéroglyphes et des matières comme des fibres optiques. La plupart des versions parlent maintenant d'un deuxième lieu d'écrasement où des corps d'extraterrestres auraient été récupérés. Le nombre de ces "corps étrangers" récupérés varie, lui aussi, d'une version à l'autre. Ces histoires se compliquent davantage par le fait que ces ufologues ne sont pas d'accord entre eux sur des faits important comme l'emplacement exact de ces écrasements ou de la date de l'incident.

Cependant, d'une manière constante, l'AAF est accusé d'avoir militarisé ces sites, d'avoir récupéré tous les débris, en tenant les civils à l'écart, et d'avoir ramené les débris (et les corps) à Roswell dans le grand secret pour les étudier plus à fond.

Une fois de retour à la base de l'AAF à Roswell, il est généralement allégué que des mesures spéciales étaient prises pour en informer l'état-major et des dispositions pour expédier le tout à un autre emplacement pour l'analyse. Ces emplacements incluent Ft. Worth au Texas, siège du quartier général de la Huitième Force Aérienne; parfois la base de Sandia (maintenant Kirtland AFB) au Nouveau-Mexique; parfois la base d'Andrews au Maryland, mais toujours Wright Field, maintenant Wright-Patterson AFB, en Ohio. Cette dernière était le gîte du "T-2" qui devint ultérieurement le Air Technical Intelligence Center (ATIC) et le Air Material Command (AMC), et serait donc un emplacement logique pour étudier des matières inconnues, peu importe l'origine. La plupart des histoires de Roswell qui contiennent des corps extraterrestres racontent qu'ils ont été expédiés à Wright Field. Une fois que les débris et les corps furent dispersés pour plus d'analyses et/ou exploitations, le gouvernement en général, les Forces de l'Air de l'Armée en particulier, s'engageait à camoufler toute information relative à cet incident, utilisant les serments de sécurité des militaires et la coercition (incluant des menaces de mort) aux civils. C'est ainsi, selon certains ufologues, que le gouvernement a réussi à garder le fait que la vie extraterrestre intelligente existe caché au public Américain pendant 47 ans. Cela aurait aussi permit, apparemment, au gouvernement des USA d'exploiter les matériaux récupérés pour créer les fibres optiques et la technologie "stealth" (furtive). Les "menaces de mort," serments, et autres formes de coercition apparemment exercées par le personnel de l'AAF ne semblent pas avoir été très efficaces puisque plusieurs centaines de personnes ont témoigné (sans qu'il ne leur arrive quoi que ce soit) d'une certaine connaissance de l'Incident de Roswell lors d'entrevues avec des enquêteurs privés et des médias.

Ce qui ajoute une certaine crédibilité à cette histoire, qui a vu naissance en 1978, ce sont les recherches apparemment exhaustives de certains auteurs et les efforts qu'ils ont déployés. Leurs conclusions perdent de la vigueur par le fait que presque toute leur information vient de sources verbales recueillies plusieurs années après le dit incident. Plusieurs des personnes interviewées étaient, en fait, postées à Roswell, ou vivaient près de Roswell à cette époque, et nombre d'entre eux prétendent avoir été militaire. Cependant, la majorité étaient à un âge avancé lorsqu'ils contèrent leurs histoires, longtemps après le fait. Dans d'autres cas, l'information fournie est de second, ou même de troisième, main, ayant été recueilli par personne interposée, le témoin étant décédé. Ce qui est désespérément manquant dans l'exploration, et l'exploitation, de cet "Incident de Roswell" est une preuve matérielle ou un document officiel qui soutiendrait les revendications de ceux qui disent que quelque chose d'inhabituel est arrivé. Inversement, il n'y a jamais eu de preuve, produite par ceux qui critiquent l'incident, montrant que ce n'est pas arrivé; bien que la logique nous dit que les bureaucraties ne dépensent pas de temps à documenter des non-événements.

STRATEGIE ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE

Afin de rassurer la direction supérieure de l'Armée de l'Air qu'il n'y avait pas de dossiers oubliés ou cachés en rapport avec l'Incident de Roswell et de fournir au GAO la meilleure et plus complète information disponible, SAF/AAZ a établit une stratégie basée sur des demandes provenant directement du Bureau du Secrétaire, pour obtenir l'information des organisations et bureaux existant où une telle information pourrait, logiquement, être maintenue. Cela incluait des bureaux où des projets inhabituels et spéciaux pourraient être en cour, ainsi que les organisations historiques, d'archives, et centres de registres sur lesquels l'Armée de l'Air exerçaient un certain degré de contrôle. Les enquêteurs n'ont cependant pas révisé les dossiers historiques de l'Armée sur les tests de missiles de White Sands, ou au Département de l'Énergie pour déterminer si son prédécesseur, la Commission de l'Énergie Atomique, avait des dossiers rapportant des incidents nucléaires qui pourraient avoir eut lieu près de Roswell en 1947. Ca aurait été empiété sur le mandat du GAO dans cette affaire. Ce que les enquêteurs de l'Armée de l'Air ont fait, c'est de chercher des dossiers encore sous le contrôle de l'Armée de l'Air concernant ces sujets.

Afin de déterminer des paramètres pour que la recherche soit la plus productive possible, une revue des principaux travaux, dans la littérature populaire, fut d'abord entamée. Ces travaux incluaient: "Le Mystère de Roswell," (1980) par William Moore et Charles Berlitz; "Crashed Saucers: Evidence in Search of Proof," (1985) par Moore; "The UFO crash at Roswell," (1991) par Kevin Randle et Donald Schmitt; "The truth about the UFO crash at Roswell," (1994) par Randle et Schmitt; "The Roswell report: a historical perspective," (1991), George M. Eberhart, Rédacteur; "The Roswell events," (1993) compilé par Fred Whiting; "Crash at Corona" (1992) par Stanton T. Friedman et Don Berliner; ainsi que de nombreux articles écrits par ces auteurs et d'autres chercheurs. Collectivement, cela représente les écrivains pro-OVNIS qui prétendent que le gouvernement est engagé dans une conspiration. Il n'y a pas de livres spécifiques, écrits entièrement sur le thème que rien n'est arrivé à Roswell. Cependant, Curtis Peebles dans "Watch the skies!" (1994) parle du développement de l'histoire de l'OVNI et de l'apparition des revendications subséquentes comme un phénomène en soit. Il y a aussi eu de la recherche sérieuse ainsi qu'un certain nombre d'articles détaillés écrient par des "debunkers" de Roswell et autres incidents, entre autres Philip J. Klass qui écrit "The Skeptical Inquirer" et Robert Todd, un chercheur privé. Les inquiétudes et les déclarations de tous les auteurs mentionnés ci-dessus et d'autres, furent considérés lors de la recherche d'archives de l'USAF.

Il fut aussi décidé, particulièrement après avoir revu la littérature populaire, qu'aucune tentative spécifique ne serait faite pour réfuter, point par point, les nombreuses revendications faites dans les diverses publications. Plusieurs de ces revendications semblaient n'être que des ouï-dire, non documenté, pris hors contexte, ou autrement douteux. En outre, plusieurs des auteurs ci-dessus ne sont pas d'accord entre eux sur divers aspects de l'incident. Les points confus, et maintenant en continuelle re-évaluation, les plus importants est la date (ou les dates) de l'incident en question, l'emplacement(s) exact(s) et l'étendue des débris. Ces discordances ont rendu la recherche beaucoup plus difficile en accroissant le nombre de dossier à fouiller.

Un exemple de revendication douteuse est illustré par l'exemple suivant: dans un des livres cités, les auteurs disent avoir soumis les noms et numéros matricules de "plus de deux douzaines" de personnes en poste à Roswell en Juillet, 1947, à L'Administration des Vétérans et au Département de la Défense pour confirmer leur service militaire. Ils énuméraient ensuite les noms de onze de ces personnes et posaient la question: "Pourquoi ni le Département de la Défense, ni l'Administration des Vétérans n'a de dossiers d'aucun d'eux quand nous pouvons documenter que chacun servait à la base de la Force Aérienne de l'Armée de Roswell." Cela semblait sérieux, on demanda donc au SAF/AAZD de vérifier ces onze noms dans le Centre des Dossiers du Personnel à St-Louis. Utilisant seulement les noms (c'est tout ce que nous avions) l'enquêteur a rapidement trouvé les dossiers facilement identifiables de huit de ces personnes. Les trois autres avaient des noms si communs qu'il y avait plusieurs possibilités. Fait intéressant, l'une des personnes énumérées dans la liste des "manquant," avait un "rapport de victime" dans ses dossiers qui disait qu'il est décédé en 1951, alors que les auteurs prétendent l'avoir interviewé (ou une personne avec exactement le même nom) en 1990.

Tandis que la recherche de documents historiques était en cours, il fut décidé d'essayer de situer et d'interviewer des personnes, encore en vie, qui pourraient éventuellement donner des réponses aux questions générées par la recherche. Cela n'avait jamais été fait officiellement avant, bien que la plupart des personnes contactées ont dit avoir aussi été contactés, dans le passé, par certains des auteurs énumérés ou autres chercheurs privés. Afin de ne pas jeter de l'huile sur le feu des conspirationnistes qui pourraient dire que les gens interviewés cachaient des choses dues à leur serment de garder le secret, on leur donnait une autorisation du Secrétaire de l'Armée de l'Air (ou de l'Officier Supérieur de la Sécurité de l'Armée de l'Air) qui permettait officiellement la discussion d'information classifiée, si applicable, ou les libérait de toute restriction à discuter de cette affaire, si elle existait. Ici encore, nous nous sommes concentrés sur des personnes qui pourraient parler de problèmes spécifiques, soulevé par la recherche et in n'a jamais été question d'essayer de situer chaque témoin possible, selon les divers auteurs. Par exemple, il nous semblait impératif d'obtenir un témoignage signé de Sheridan Cavitt, Lieutenant Colonel, USAF (Retraité), qui est le dernier membre encore vivant des trois personnes reconnues universellement pour avoir récupéré les débris sur le Ranch Foster. D'autres ont aussi été interviewés quand l'information trouvée le suggérait (on y reviendra plus en détail). Nous avons aussi contacté les proches de personnes décédées pour tenter de retrouver des dossiers que nous pensions être en possession du défunt.

Bien que la recherche de l'Armée de l'Air ait commencé en Janvier 1994, la première demande officielle, faite à la grandeur de l'USAF a été rédigé le 1er mars 1994, par le SAF/AA (Annexe 5), et était adressé à tous les éléments actuels du Personnel de l'Air qui pourraient posséder des dossiers, particulièrement s'il s'agissait de quelque chose d'inusité ou d'extraordinaire. Cela signifiait que la recherche n'était pas limitée aux documents non classifiés, mais inclurait des dossiers avec la plus haute classification et la plus haute compartimentation.

La liste des bureaux spécifiques incluait:

  • (a) SAF/AAI, Directorat de Gestion D'information
  • (b) SAF/AQL, Directorat D'électronique et Programmes Spéciaux
  • (c) AF/SE, Sécurité de l'Armée de l'Air
  • (d) AF/HO, Historien de l'Armée de l'Air
  • (e) AF/IN, Services de Renseignement de l'Armée de l'Air (Incluant l'Air Force Intelligence Agency -- AFIA, et le National Air Intelligence Center, NAIC)
  • (f) AF/XOW, Directorat de la Météo
  • (g) (ajouté ultérieurement) Le Bureau des Enquêtes Spéciales de l'Armée de l'Air (AFOSI)

En plus des bureaux et secrétariats mentionnés, SAF/AAZ passa en revue des dossiers classifiés pouvant avoir un lien avec cette affaire. A propos des classifications de document, il faut noter que tous programmes qui emploient des contrôles ou mesures de sécurité améliorée sont connus comme des Special Access Programs (SAPs). L'autorité pour de tels programmes vient de l'Ordre Exécutif 12356 et va du Département de la Défense aux divers Services selon la Directive 5205.7 du Département de la Défense. Ces programmes sont réalisés, au sein de l'Armée de l'Air, par la Directive 16-7, et l'Instruction de l'Armée de l'Air 16-701. Ces directives contiennent des exigences détaillées pour contrôler et rapporter, de façon très stricte, tous les SAPs. Cela inclut un rapport du Secrétaire de l'Armée de l'Air au Secrétaire de la Défense (et finalement au Congrès) sur tous les SAPs soumis pour approbation, et une certification qu'il n'y a aucun programme de type SAPs en opération. Ces exigences sont stipulées dans la loi publique.

Il s'ensuit donc, que si l'Armée de l'Air avait récupéré un engin ou des corps extraterrestres et les exploitait pour faire des gains scientifiques et technologiques, un tel programme serait opéré comme un SAP. Le SAF/AAZ, siège social pour tous les SAPs de l'Armée de l'Air, est au courant et supervise la sécurité de tous les SAPs. Le SAF/AAZ a catégoriquement affirmé qu'aucun Programme SAP ne concernait des engins ou des corps extraterrestres.

Pareillement, le Secrétaire de l'Armée de l'Air et le Chef d'État-major, qui dirige le Comité de Surveillance des Programmes Spéciaux qui surveille tous les programmes névralgiques au sein de l'Armée de l'Air, n'avait aucune connaissance de l'existence d'un tel programme impliquant, ou étant relié aux événements de Roswell ou la technologie qui en serait découlé. Outre l'illégalité de ne pas divulguer de telles informations aux Officiers supérieurs de l'Armée de l'Air, ce serait illogique, puisque ce sont ceux-ci qui sont responsables d'obtenir les budgets pour des opérations, recherches, développements, et sécurités. Sans argent, un tel programme, opération, ou organisation ne pourrait pas exister. Le simple fait de garder un tel fait secret, de façon passive, coûte de l'argent. Plus important encore, cela impliquerait des gens et créerait de la paperasse.

Le mémo du 1er mars 1994, n'a généré que des réponses négatives (Annexe 6-12) des départements concernés; en d'autres mots, tous les bureaux rapportèrent qu'ils n'avaient aucune information qui expliquerait l'incident. Conséquemment, nous nous sommes concentrés sur la recherche historique, déjà en cours, aux centres d'archives.

L'exhaustive recherche des centres d'archives et de dossiers a été systématiquement exécutée par l'Équipe de Déclassification du SAF/AAZD. Cette équipe est composée de personnel de la Réserve de l'Armée de l'Air qui ont une formation, éprouvée, spécifiquement dans la revue de dossier à grande échelle. ( Les efforts précédents de cette équipe incluent le Southeast Asia Declassification Review, déclassification de dossiers sur les POW/MIA (Prisonniers de Guerre/Porté Manquant), et la revue de Gulf War Air Power Survey). Tous les membres de l'équipe avaient les niveaux de sécurité requis pour accéder à l'information secrète et avaient l'autorisation du Secrétaire de l'Armée de l'Air pour déclassifier toute information qui pourrait avoir un rapport à Roswell. Le SAF/AAZD a fait des recherches à de nombreux emplacements, incluant: le National Archives à Washington, DC; le National Personnel Records Center à St. Louis, MO; le National Archives à Suitland, MD; le National Records Center à Suitland, MD; le Naval Research Laboratory à Washington, DC; le Federal Records Center à Ft Worth, TX; le INSCOM Archives à Ft. Meade, MD; le National Air and Space Museum à Washington, DC; le Air Force Historical Research Agency à la base Maxwell, AL; le Center for Air Force History à la base de Bolling, DC; le Phillips Laboratory aux bases de Hanscom, MA, et de Kirtland, NM; le Rome Laboratory à la base de Griffiss, NY; et le Library of Congress à Washington, DC.

Une liste des champs spécifiques recherchés dans les dossiers est en Annexe 13. Les champs incluaient toutes les avenues susceptibles de contenir, éventuellement, des références quant aux activités du terrain de l'AAF de Roswell durant la période de temps en question. Il est certain que les détracteurs de cet effort diront "qu'ils n'ont pas cherché le groupe de dossier x, la boîte y, ou la bobine z, etc. C'est là que les dossiers sont!" De telles plaintes sont inévitables et il n'y a aucun moyen que les millions de dossiers sous le contrôle de l'Armée de l'Air soient vérifiés page par page. L'équipe a essayé de faire des recherches là où, logiquement, il semblait vraisemblable que l'information serait. Ils étaient assistés d'archivistes, d'historiens, et de spécialistes de gestion de dossiers, incluant des personnes expérimentées qui ont continuellement travaillé avec les systèmes d'archives de l'Armée et de l'Armée de l'Air depuis 1943. L'équipe chercha aussi dans certaines archives, tel que recommandées par de sérieux chercheurs privés tel que Robert Todd, qui a acquis une connaissance presque encyclopédique de la complexité du système de registre de l'Armée de l'Air en ce qui concerne ce sujet.

Ce ne fut pas une surprise, pour l'équipe de recherche, de trouver un nombre inhabituel d'irrégularité dans plusieurs des centres d'archives (particulièrement à St. Louis) tel que documents mal classés, perdus ou égarés, mauvais étiquetage, ou la fragmentation de groupes de dossiers qui, au court des années, se sont retrouvés dans des systèmes de classement différents. Par exemple, une petite quantité de "decimal files" du 509ème Groupe de bombardement de Roswell qui couvraient les années 1945 à 1949, et qui étaient marquées, dans l'index, comme "détruites." Les chercheurs notèrent qu'il n'y avait aucun point commun aux anomalies retrouvées et que la plupart des erreurs étaient mineures et conformes à ce qu'ils avaient observé dans des projets similaires.

 

Partager cette page

Repost 0
Published by